A data sur ma poussette : allez-vous vous ruiner pour une Yoyo sur Le Bon Coin ?

Le choix de la poussette : étape bien prise-de-tête avant l'arrivée de bébé !
Le choix de la poussette : étape bien prise-de-tête avant l’arrivée de bébé !

« La Yoyo, c’est le must à Paris. Par contre, fais-toi offrir le tout, parce que c’est la ruine, même sur Le Bon Coin. » Voilà une remarque que j’ai entendu de nombreuses fois depuis l’annonce de ma grossesse. Mais est-ce bien le cas ? Cette poussette est-elle si parisienne ? Revient-elle si cher, même d’occasion ? Petites recherches en data sur Le Bon Coin pour vérifier tout ça… 

Entre deux « C’est pour quand? », trois « Vous avez des idées de prénom? » et une multitude de « Alors, c’est un garçon ou une fille? », une autre question m’a un peu surprise par sa récurrence, à l’annonce de ma grossesse. Cette question : « Et pour la poussette, vous allez prendre quoi ? » Euh, ben, une poussette. Un truc qui roule, qui transporte un petit humain, qui inspire confort et sécurité… Et c’est là qu’en général, mon interlocuteur/trice enchaîne : « Tu verras, la Yoyo, c’est le must à Paris. Par contre, fais-toi offrir le tout, parce que c’est la ruine, même sur Le Bon Coin. »

Alors j’ai ouvert l’oeil. C’était encore les beaux jours, peu après la rentrée. Et les Yoyo pullulaient en effet dans les rues et squares de Paris et environs. Mais y a-t-il un tropisme parisien à ce sujet ? L’invasion a-t-elle déjà atteint d’autres parties du pays ? Après tout, cet automne, les ventes de cet « iPhone du monde de la petite enfance [aux yeux] des parents qui ne veulent pas ressembler à… des parents » (L’Express) ont passé la barre des 500 000 dans le monde… Ce modèle est-il vraiment ruineux, par rapport à d’autres, même d’occasion ? J’ai voulu regarder de plus près. Et en data.

« La Yoyo, c’est le must à Paris »

J’ai plongé les mains dans les annonces du Bon Coin : j’ai aspiré celles de la catégorie « Equipement bébé » qui concernaient des poussettes, le 28 août dernier, pour voir ce qu’elles pouvaient nous dire (voir plus bas pour la méthodologie complète).

Paris et sa proche banlieue sortent du lot, en nombre absolu d’annonces concernant une Yoyo. Tout comme les autres grands centres urbains comme Toulouse et Marseille. C’est le cas aussi de façon relative. En Haute-Garonne, une annonce sur 27 concerne une Yoyo, pour une sur 31 à Paris, une sur 140 dans le Val-de-Marne, une sur 141 dans le Haut-Rhin. En moyenne, une annonce sur 376 concerne une Yoyo sur l’ensemble de la base de données que j’ai collectée, comprenant quelque 80 000 lignes.

Si l’on zoome sur les arrondissements parisiens, les 47 annonces concernant des Yoyo se concentrent dans le nord de Paris (17e, 18e, 19e) et dans l’arrondissement familial par excellence, le 15e. Mais de façon relative, les arrondissements centraux remontent la pente, du fait de la rareté des annonces. C’est dans le 7e arrondissement que l’on trouve le plus de Yoyo (une annonce sur 9 pour des poussettes), devant le 1er (une sur 12) et le 2e (une sur 14), à égalité avec le 17e.

Son « faible encombrement », critère imparable

J’ai lancé un mini-sondage en parallèle pour mesurer ce yoyo-parisianisme, mais il n’a pas reçu assez de réponses pour être représentatif. En revanche, mon appel lancé et relayé sur Twitter m’a permis d’obtenir les résultats d’un autre questionnaire mené par Axel Assouline, consultant en communication, sur les comportements d’achat d’une poussette. Questionnaire qui a reçu sensiblement plus de réponses. Résultat : la Yoyo semble bien plus parisienne que les autres marques…

D’après mon mini-sondage, les critères qui comptent sont avant tout la légèreté et le gain de place pour ceux qui optent pour ce style de poussettes. Pour vivre en appartement et prendre les transports en communs au quotidien, on évite le char d’assaut, logique. Intuition confirmée par les données du sondage gracieusement fournies par Axel Assouline. Le confort de bébé passe avant pour les répondants qui ont opté pour une autre marque.

Acheter ou louer la Yoyo ?

En revenant aux quelque 200 annonces concernant des Yoyo dans mon échantillon, un mot m’a sauté aux yeux : « location ». Un quart des annonces pour cette marque concerne en effet une location plutôt qu’une vente. Or cette pratique est anecdotique pour les autres marques ou les poussettes sans marque mentionnée dans l’annonce.

Les rares propriétaires ne souhaitant pas se séparer de leur précieuse poussette côtoient les professionnels qui soulignent qu’elle est « la seule autorisée en bagage cabine en avion » et présentent leurs forfaits aux tarifs très variables (de 5 euros la journée en Alsace à 150 euros la semaine en Rhône-Alpes). En revanche, le chèque de caution tourne généralement autour de 350 euros. Sensiblement le prix moyen de la Yoyo d’occasion sur le site.

« C’est la ruine, même sur Le Bon Coin »

Car nous voilà arrivés au nerf de la guerre, le fameux « combien ça coûte? ».

Un petit travail sur les filtres s’impose, histoire de ne pas tout mélanger. J’ai regardé l’ensemble des annonces portant sur des poussettes complètes (pas de châssis seul, pas de pack seul pour les Yoyo), hors poussettes pour jumeaux ou triplés et hors annonces pour des locations. Ce qui ne nous laisse plus que 84 annonces Yoyo sur les 200 mentionnées plus haut, par exemple, mais ces filtres s’appliquent à toutes les autres poussettes. Plutôt que les marques seules, j’ai tenté de distinguer quelques modèles parmi les plus fréquents, histoire de brosser un tableau plus précis (voir plus bas pour la méthodologie plus détaillée).

Une Yoyo d’occasion revient en moyenne à 346 euros sur Le Bon Coin, soit à peine moins que le premier prix pour une poussette équipée du « pack » utilisable à partir des 6 mois du petit passager. La poussette complète neuve revient plutôt à 550-600 euros selon les sites, les coloris, les accessoires… Mais le prix moyen d’occasion varie selon les départements.

Tout ce qui est rare est cher, paraît-il…

Comment se situe la Yoyo par rapport à d’autres marques ? Elle coûte trois fois plus qu’une poussette sans marque indiquée (102 euros en moyenne). C’est beaucoup moins cependant qu’une Stokke Trailz, l’un des modèles les plus chers que j’ai croisés dans la base de données, à 740 euros en moyenne, d’occasion. Neuve, elle revient à 1 100 euros… Stokke et Bugaboo présentent plusieurs modèles qui restent plus chers qu’une Yoyo d’occasion. D’autres marques ont une gamme plus étendue, comme Chicco (de 100 à 450 euros) ou Red Castle (de 100 à 400 euros). Une Graco d’occasion coûte bien moins cher (70 à 200 euros), tout comme une Mac Laren (60 à 140 euros).

A titre indicatif, toujours selon mon petit sondage pas du tout représentatif, voici la réponse la plus fréquente à la question : « Combien seriez-vous prêts à payer une poussette ? »
– neuve : 400 euros
– d’occasion : 200 euros

La Yoyo d’occasion reste donc chère par rapport à ce curseur psychologique. Elle fait bien partie des modèles les moins économiques sur Le Bon Coin. Mais on est loin des sommets atteints par certaines annonces ! Si une chose la distingue vraiment, c’est plutôt sa rareté. Avec seulement 200 annonces, dont un quart pour des locations, sur une base de données de 80 000 entrées environ, elle ne vous ruinera sans doute pas. Pour une raison toute simple : il y a de fortes chances pour qu’elle soit déjà vendue quand vous contacterez le vendeur.

Dans les coulisses

J’ai utilisé Outwit pour scraper les annonces de poussettes sur Le Bon Coin. Un premier test m’a permis de ratisser large en juillet. J’ai alors récolté une base de quelque 200 000 lignes très peu utilisable. Les annonces étaient mal classées. Et j’ai fait l’erreur de ne pas aspirer le corps de l’annonce, souvent riche en informations comme la marque de la poussette qui manque parfois dans le titre. Nouvelle tentative le 28 août, en filtrant exclusivement les annonces rangées dans les « équipements bébés », et en aspirant le tout, corps de l’annonce compris.

Il a d’abord fallu expurger la base de données (110 000 lignes) de toutes les annonces mal rangées. Adieu publicités, doublons, annonces qui n’ont rien à voir avec la choucroute, anti-vol, porte-gobelets, planches à roulettes à fixer derrière la poussette, dragées pour cause de baptême annulé, jolis nids d’ange et autres éléments… Je suis alors arrivée à une base plus propre d’environ 80 000 lignes.

Après le nettoyage, l’enrichissement…

J’ai créé une colonne sur la marque et une autre pour le modèle, si ces informations figuraient dans le titre ou le corps de l’annonce. Pas totalement familière avec le lexique de la poussette, j’ai tout de même compris qu’il y avait des « familles » à distinguer : les poussettes deux ou trois places, ainsi que les poussettes combinées (duo ou trio, selon le nombre d’assises à ajuster sur le châssis au fil de la croissance du petit humain). J’ai ajouté ces informations dans des colonnes supplémentaires, quand elles étaient mentionnées, pour distinguer les annonces portant sur un modèle simple ou sur un « package » plus conséquent.

Enfin pour la Yoyo, j’ai créé deux autres colonnes. Une pour distinguer les annonces de location ou de vente. Une autre sur la mention d’un « pack », pour trier les annonces portant sur les Yoyo complètes et celles portant seulement sur (notamment) la nacelle pour les premiers mois. Certains parents la revendent en effet très vite dès le passage au pack 6+.

Côté visualisations, j’ai choisi Carto pour les cartes et Flourish pour les autres. Je n’avais pas encore utilisé cet outil ici alors qu’il offre une jolie alternative à Infogram ou Datawrapper. Cela m’a donné envie d’explorer d’autres types de viz que je n’ai pas encore exploités ou trop peu, comme les diagrammes de Sankey ou les graphiques permettant de montrer des réseaux. Ou de tester des fonctionnalités comme ces titres colorés et cliquables pour interagir avec la viz.

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